Savez vous d'ou vient l'expression relative aux Bizertins:
"Ya Binzarti Ya Gaddêmm Ras El Houta?"*
*" Ôh,
bizertin, croqueur la tête du poisson"
Si vous êtes pressés alors demandez la réponse aux doyens de Bizerte, sinon attendez que je vous raconte son origine avec
plus de détails.
Mais avant, je souhaiterai vous raconter la véritable version de la légende du dauphin telle que rapportée par Pline l'Ancien . Cette version va d'un coup detruire la poèsie et la magie de celle
souvent véhiculée par les sites sur Bizerte.
Je vous raconte cette version ? Tenez vous bien, elle n'est pas drôle.
Pline l'Ancien HISTOIRE
NATURELLE livre IX
.... Le dauphin
n'est pas seulement ami de l'homme, il aime aussi la musique; la symphonie le charme, et surtout le son des instruments hydrauliques. Pour lui l'homme n'est pas un étranger dont il ait peur
; il va au-devant des vaisseaux, il joue, il bondit, il joute même, et dépasse les navires, quoiqu'ils voguent à pleines voiles.
A quelque heure du jour qu'il fût appelé, eût-il été caché au fond des eaux, le dauphin accourait : ayant reçu sa portion de la main de l'enfant, il lui présentait son dos pour qu'il y montât, et cachait ses aiguillons comme dans une gaine. Il le portait ainsi jusqu'à Putéoles à travers un grand espace d'eau, et le ramenait de la même façon. Cela dura plusieurs années, jusqu'à ce qu'enfin, l'enfant étant mort de maladie, le dauphin, qui venait de temps en temps au lieu accoutumé, triste et affligé, succomba à son tour, victime (ce dont personne ne douta) des regrets qu'il éprouvait.
Un autre, il y a quelques années, sur la côte d'Afrique, près d'Hippone Diarrhyte (Bizerte), recevait de la même façon des aliments de la main des hommes, se prêtait à leurs caresses, jouait avec les nageurs, et les
portait sur son dos. Il fut frotté avec un parfum par Flavianus, proconsul d'Afrique : cette odeur, nouvelle pour lui, l'assoupit, et il flotta comme un corps mort. Pendant quelques mois il
s'abstint de la société des hommes, comme si un outrage l'en avait chassé ; puis il revint, et présenta le spectacle des mêmes merveilles. Les vexations que les hommes puissants, attirés par la
curiosité, faisaient subir à leurs hôtes, déterminèrent les habitants d'Hippone à le tuer.