histoire

Lundi 26 mai 2008 1 26 /05 /2008 20:59

BATTUE PAR LES FLOTS MAIS NE SOMBRE PAS.

 

Cette devise peut résumer toute l'histoire de Bizerte.
De tous temps, les peuples moins favorisés durent subir la loi des plus forts. Bizerte était sans doute de ceux là.
Les berbères qui peuplaient la région vivaient en harmonie avec la nature, sans pensées hégémoniques.



     
Les Phéniciens

►       1100 Av J.C Fondation de Bizerte par les Phéniciens de Sidonie (et non de Tyr),

►       Viennent par la suite, les carthaginois, les Romains, les vandales, les Byzantins, .

►     Les Arabes :
►        647-48 premier raid en Ifriqiya (Tunisie),
►        698 Hassan Ibn Nôoman prend Bizerte,

►      Les Espagnoles:

►           1535 Prise de Bizerte par les troupes de Charles Quint,

►      Les frères Barberousse et Les Ottomans:

►           1543 Les frères Barberousse prennent Tunis et Bizerte

          - Annexion à lempire Ottoman (à la sublime Porte de Soliman le Magnifique)

►      La course (la piraterie) : source principale de l'économie de la ville et du pays.

►         1492 expulsion des Morisques dEspagne

           - Les Andalous sinstallent à Bizerte et créent leur quartier (houmet el andlous)

►          1609 Deuxième vague d immigration des andalous.

►          1681 Bombardement de la ville par la France, Duquesne, et en 1770 par De Broves

►          1784 Bombardement de la ville par les Vénitiens

►          1818 Abolition de la course

►       La France:

►          1878 La France obtient laccord doccuper la Tunisie (accords de Berlin)

►            12 mais 1881 proclamation du protectorat

►       La République Tunisienne

►          20 mars 1956 indépendance de la Tunisie (mais pas de Bizerte)

►          15 Octobre 1963 évacuation totale de la ville de Bizerte.

Nota : Vous trouverez l'histoire de Bizerte sur les sites spécialisés. Cependant, je vais essayer de m'attarder sur des périodes ou des détails de l'histoire que je trouve pertinents. 

Dans l'attente de vous préparer la suite, je vous invite à visionner un documentaire sur la ville de Bizerte en plusieurs chapitres.

Chapitre I 



En l'an 800 av JC dans le bassin méditerranéen, régnait une puissance, hégémonique, en quête d'aventures. Cette puissance, les Phéniciens, dont la vocation était plus maritime que terrestre, naviguaient de proche en proche et fondaient des comptoirs commerciaux et colonisaient toutes les régions stratégiques. C'est ainsi qu'ils découvrirent Bizerte, région exceptionnelle pour une flotte maritime. Point septentrional de l'Afrique, belle rade en croissant, avec deux lacs intérieurs, l'un d'eau douce et l'autre salé. Plaines fertiles et montagneuses avec un climat doux et favorable à l'agriculture. En bref, la colonie s'installa à demeure, sur l'emplacement de l'actuel Dhâr el Koudia, au grand dam des berbères. Pendant 400 ans les phéniciens vont bâtir Bizerte. Ils l'ont Baptisé Hippo Acra ou Hippone Ackret, (voir article le Nom de Bizerte). Ils y construisent tout ce qui s'avère nécessaire au développement du port de commerce et militaire. Les soubassements du vieux port actuel sont d'origine punique (améliorés par la suite). Les phéniciens élargirent le canal naturel qui faisait communiquer le lac avec la mer, et en creusèrent un second prenant naissance dans le lac et se réunissant à l'ancien. Ces deux canaux enserraient ainsi entre eux un îlot (R'Baâ) recouvert de nombreuses maisons et infrastructures commerciales; puis ils se jetaient dans la mer par un même lit.

  Chapitre II



Avant d'aller plus loin dans l'histoire de Bizerte, je souhaiterai vous amener du coté du vieux port, et plus precisemment au fort de la KSIBA (petite Citadelle), Sidi El Héni, pour vous montrer une curiosité ( du moins pour moi) qui a un interêt historique et archéologique .

Lire l'article : La Borne Milliaire de Bizerte.

Chapitre III

Par M ABIDI - Publié dans : histoire
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Jeudi 29 mai 2008 4 29 /05 /2008 18:57

Ou la route de Carthage à Hippo... 



Dans la Rome Antique, les bornes milliaires ou colonnes d'itinéraires, étaient disposées tous les milles romains, soit environ tous les 1 480 mètres sur les tracés des principales voies romaines d'Italie.

Dans les provinces, comme Hippo (provincia romana), les bornes milliaires étaient élevées non pas de mille en mille mais simplement pour rappeler les travaux d'entretien des voies romaines, financées par l'empereur. Elles portaient une inscription mentionnant le nom de l'empereur avec tous ces qualificatifs ou du magistrat ayant fait réparer la route, ainsi que la date et la distance à parcourir pour atteindre les villes les plus proches.

La grande route de Carthage à Bône passait par Membrone ( sidi Ahmed Bou Farès), Tunisa ou Thinissa (Ras el Djebel), Hippo Diarrhytus et Thabraca ( Tabarka) . Voir carte.


En outre, il existait une route directe entre Hippo et Membrone, par Cotuza (el Alia).
La preuve en a été fournie par l'inscription suivante gravée sur la colonne milliaire découverte à Bizerte et que vous pouvez voir à l'entrée de Sidi el Héni à la Ksiba (voir vidéo).

          IMP.CAES

    M.AVRELIVS

    ANTONINVS

    PIVS.FELIX.AVG

    PARTHICVS.MAX

    GERMANICVS.MAX

    TRIB.POT.XVIIII

    COS IIII.P.P

►    XLIX

 En plus claire :

    IMPeratori.CAESari

    Marcus.AVRELIVS

    ANTONINVS

    PIVS.FELIX.AVG

    PARTHICVS.MAX

    GERMANICVS.MAX

    TRIBunicia .POTestate.XVIIII

    COnSuli IIII.Patri.Patriae

    RESTITVIT

    XLIX

"A l'Empereur César Marcus Aurélius Claudius Pius Félix Auguste, Grand Pontife revêtu de la puissance tribunicienne, Proconsul, consul pour la 4ème fois, Père de la Patrie.
49 Milles".

Il en résulte de ce texte que la route d'Hippo, mentionnée sur ce milliaire, avait 49 milles de longueur . Donc de Carthage à Hippo en passant par Membrone et Cotuza, la route faisait XLIX (49 milles).

A propos de La table de Peutinger, sorte de carte routière.
 
"La table de Peutinger est l'ancêtre des cartes routières. Elle couvre tout l'empire romain, et même au-delà : jusqu'en Chine. C'est une reproduction, faite à la fin du XIIe siècle, d'une copie réalisée vers 350, dont l'original est encore plus ancien. Cette carte a été découverte au début du XVIe siècle, à Worms. Elle a été confiée à Konrad Peutinger, contemporain d'Erasme, qui la publia (d'où son nom).

Elle mesurait plus de 6 mètres de long et 30 cm de large. Elle est aujourd'hui conservée à la Bibliothèque nationale de Vienne.

C'est une carte routière qui représente les principales routes de l'ensemble de l'empire romain. C'est une représentation schématique qui ne tient pas compte de l'échelle : c'est en fait plus proche d'un plan de métro que d'une carte routière.

Elle contient quelques erreurs et inexactitudes. "

Par M ABIDI - Publié dans : histoire
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Samedi 7 juin 2008 6 07 /06 /2008 23:48

Au fil du temps,  suite....

En l'an 574 av JC, les phéniciens sont défaits à Tyr par Nabuchodonosor. C'est la fin du règne phénicien. Toutes les colonies phéniciennes se fédèrent  sous la direction de Carthage qui était devenue puissante et maîtresse de la méditerranée.

 En l'an 310 av JC, les premiers ennuis vinrent de Sicile où régnait à Syracuse un tyran grec sicilien, Agathocle. Avec sa flotte, il débarqua en Tunisie et s'empara de Hippo Acra malgré ses remparts et ses fortifications. La cité est pillée et les habitants châtiés. De part l'importance du site et sa proximité avec Syracuse, Agathocle en fait un de ses bastions. Il améliora la fortification de la cité et pourvut la ville de chantiers navals, avec les quels il construisit des bateaux pour sa flotte. Tout cela avec la main d'oeuvre locale, berbères et phéniciens. Il n' a pas eu le temps de tout terminer.

Chapitre IV

En l'an 305 av JC, Carthage voisine prend le dessus et chasse Agathocle. Hippo Acra redevient autonome, sous la tutelle de Carthage.

Carthage affiche ses ambitions hégémoniques dans cette région, surtout en Sicile et en méditerranée. Rome, une autre puissance hégémonique, réagit vivement. Des lors, ces deux puissances vont s'affronter durant 120 ans en 3 guerres, nommées les guerres puniques : 264 à 241, 218 à 201, 149 à 146 av JC. Les 3 guerres seront perdues par Carthage qui sera finalement détruite, rasée.

Chapitre V



Et Bizerte qu'est elle devenue?

Se trouvant au milieu, ne demandant rien à personne, elle en subira quand même les conséquences malgré une résistance farouche de ses habitants retranchés derrière les fortifications phéniciennes et Grecques. Pillée et occupée à chaque passage, par les Romains et Carthaginois. Finalement, elle sera détruite par Rome et les habitants châtiés pour avoir eu l'audace de résister aux romains. Le nom de la cité sera rebaptisé et latinisé. Bizerte devient sous les romains Hippo Diarrhytus ou Hippone Zarytus ( voir article, le nom de Bizerte). Les Romains dominent en Afrique durant 600 ans, jusqu'en l'an 400 après JC. Bizerte subit cette colonisation avec calme. Avec l'aide des Romains, elle panse ses Blessures, se relève de ses ruines, refait ses fortification, re-développe son industrie et son commerce grâce à César qui l'a en estime et qui l'a élevé au rang de province Romaine.

En l'an 439 , période noire pour Bizerte, le nordique Genséric avec ses vandales sème la panique en Méditerranée. Il s'empare et pille Bizerte malgré ses fortifications.
Hippo Diarrhytus devient le port d'attache des vandales.
Il détruit en partie les remparts et forteresses et ne fera aucune réparation.

 Chapitre VI



En l'an 520, le général Byzantin Bélisaire chasse les vandales d'Afrique, s'installe à Bizerte et entreprend la reconstruction des remparts et autres constructions.


A suivre....

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Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /2009 00:03

PLINE L'ANCIEN

HISTOIRE NATURELLE

LIVRE CINQ

 

 

………. Au fleuve Tusca commence la région Zeugitane; elle est appelée proprement Afrique. Trois promontoires, le promontoire Blanc, le promontoire d'Apollon en face de la Sardaigne, le promontoire de Mercure en face de la Sicile, s'avançant dans la haute mer, forment deux golfes : le premier est celui d'Hippone, le plus voisin de la ville qu'on nomme Hippo Dirutus, par corruption du mot grec diarrhytos, qui signifie arrosé par des eaux abondantes. Dans le voisinage est Theudalis, ville libre, à une certaine distance du rivage; puis le promontoire d'Apollon (cap Farina), et, dans le second golfe (golfe de Tunis), Utique, jouissant du droit romain, et célèbre par la mort de Caton.

Pline L'Ancien:
Homme de lettres, historien et militaire romain (23-79), son Histoire naturelle en 37 livres est une des principales sources de connaissance de l'Antiquité.

 

 

 

 

Le fleuve Bagrada (Medjerda), la localité appelée Castra Cornelia (Porto Farina), Carthage, colonie élevée sur les ruines de la grande Carthage; la colonie Maxulla, les villes de Carpi et de Misua, la ville libre de Clupée, sur le promontoire de Mercure (cap Bon) ; la ville libre de Curubis, Néapolis. Puis vient une autre division de l'Afrique proprement dite: on appelle Libyphéniciens ceux qui habitent le Byzacium ; tel est le nom d'une contrée de 250.000 pas de tour, d'une fertilité admirable, puisque la semence y rend cent pour un (XVII, 3). Là sont les villes libres de Leptis (Lemta), d'Adrumetum, de Ruspina (XV, 21 ), de Thapsus; puis Thènes, Macomades, Tacape, Sabrata qui touche à la petite Syrte (baie de Cabes), jusqu'à laquelle la longueur de la Numidie et de l'Afrique, depuis l'Ampsaga, est de 580.000 pas; la largeur de ce qu'on connaît est de 200.000. Cette partie, que nous avons appelée proprement Afrique, se divise en deux provinces, l'ancienne et la nouvelle, séparée par un fossé qui fut tracé par suite d'une convention entre Scipion Emilien et les rois, et mené jusqu'à Thènes, ville éloignée de Carthage de 216.000 pas.
.....


Selon de découpage classique du littoral de l’Africa proposé par Pline l’Ancien et par Pomponius Mela (voir plus haut), en une succession de golfes scandée par des promontoires remarquables, le Sinus Hipponensis (ou golfe d’Hippo Diarrhytus) s’étendait à tout le développement côtier entre le promuntorium Candidum(le cap Blanc, Rass el abiodh) et le promuntorium  Apollinis identifiable lui-même avec le Rass Sidi Ali El Mekki. Cependant, ce dernier ferme au nord ouest le golfe de Carthage plus qu’il ne ferme au sud est le golfe de Bizerte. Aussi, est-il préférable de donner de ce dernier une définition plus restrictive, en le limitant à l’espace compris entre les deux caps qui en marquent réellement les approches en mer à l’est et à l’ouest, en dessinant une anse largement ouverte sur un front de cote de 25 km.  Le premier de ces caps est le Rass Zebib escorté au large de l’île Cani (dzirat el klèb), le second est bien le cap Blanc, Rass el Abiodh, lui-même très caractéristique par son profil en forme de dauphin ainsi que par la teinte éclatante de ses calcaires éocènes et contraste avec la tonalité plus sombre de la côte nord plus à l’ouest.

Par M ABIDI - Publié dans : histoire
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Lundi 6 avril 2009 1 06 /04 /2009 21:40

Chers Bizertins, Chères Bizertines, chers Tous,


Revenons un peu en arrière et regardons l'article "Au marché de Bizerte".
Pour avancer dans la compréhension de l'histoire de Bizerte, je vous ai soumis, sous forme de devinette, deux questions:  une est relative aux points d'amarage pour le moins insolites que nous rencontrons un peu partout sur le port, l'autre concernant le bateau restaurant, le Phénicien. 

Ce Bateau est une trirème ou trière. C'est un genre de galère phénicienne mouvant grace à la force du vent qui s'engoufrant dans les voiles fait avancer le bateau et aussi, grace aux mouvements des rames actionnées par des esclaves et des captifs.

Regardez la vidéo qui suit et vous allez avoir une idée sur son histoire.


La trirème du vieux port ou "le Phénicien".


 

LA NAVIGATION PHENICIENNE.

Pour mener avec succès la navigation et le commerce, il fallait aux Phéniciens la conjonction de trois facteurs : un bon usage des îles, un bon usage des courants maritimes et de bons bateaux. Au tout début, la découverte de la mer s'est faite par petites étapes, en appliquant le principe du petit cabotage. Ce système de navigation s'effectuait à proximité de la façade maritime, en vue des côtes, reliant deux ports de moins de 25 à 30 milles marins. De ce fait, les marins utilisaient des embarcations de moindre tonnage, en fonction de la distance à couvrir et de la charge à transporter.

Afin de pouvoir élargir leur champ de navigation, les marins phéniciens ont commencé par s'approcher des îles qui étaient à mi-chemin entre leurs cités et les autres régions du monde antique. La Méditerranée offrait cette possibilité : dans le bassin oriental, les continents (Europe, Asie et Afrique) sont reliés les uns aux autres par des îles qui morcèlent l'espace et raccourcissent les étapes tout particulièrement dans la moitié nord d'où la navigation vers l'Ouest se faisait par Chypre, la côte d'Asie Mineure, la Crète et les îles de la mer Égée. On raconte que Cadmos, parti à la recherche de sa sœur Europe enlevée par Zeus, suivit ce même parcours.

Au-delà des îles grecques les étapes devinrent plus longues. Les marins appliquèrent alors le système de navigation au long cours, elle se faisait à une distance beaucoup plus grande des côtes mais en gardant autant que possible la terre en vue. Pendant la nuit, quand l'itinéraire ne permettait pas de s'arrêter, l'orientation du navire était assurée par l'observation de la constellation de la Petite Ourse, connue dans le monde antique sous le nom d'Étoile phénicienne. Les navigateurs effectuaient des escales, indispensables à l'approvisionnement en vivres et aux réparations éventuelles.
Les bateaux phéniciens étaient de divers types et naviguaient à la voile carrée. La rame était réservée aux manœuvres complémentaires : entrées et sorties des ports, virements de bords, abordages. Les navires de transport, utilisés pour les activités commerciales, furent appelés gauloï (ronds) par les Grecs, en raison de la rondeur de leur coque. Leur capacité de charge était très grande et leurs dimensions correspondaient à environ 20-30 mètres de long et 6-7 mètres de large. La poupe était arrondie et se terminait par un ornement en queue de poisson ou en volute. La proue, elle aussi curviligne, était décorée d'une frise zoomorphe (tête de cheval ou d'hippocampe). Sur le flanc de la proue étaient représentés deux yeux qui avaient une double valeur symbolique : rendre la route visible et intimider les ennemis.

 


La propulsion de ces navires était assurée par un grand mât, qui soutenait une voile fixée par une vergue et orientée en fonction de la direction du vent. La conduite dépendait d'un gouvernail constitué d'une rame à grandes pales asymétriques, disposée à gauche, à proximité de la poupe. Sur le pont se trouvait l'abri de l'équipage (vingt hommes) et la cuisine de bord.

Quant aux navires de guerre, ils étaient plus étroits que les navires de commerce. La poupe était semblable à celle des navires de commerce tandis que la proue en différait sensiblement. Elle formait la partie la plus importante du navire et constituait une arme offensive pour le combat. A l'extrémité se trouvait l'éperon ou rostre, pointe de bronze qui servait à briser les flancs des navires ennemis. La propulsion des navires de guerre était plus complexe, car il était indispensable, au cours de la bataille, d'évoluer et de changer de cap brusquement afin de frapper l'ennemi avec le rostre, en évitant soi-même les coups portés par les navires adverses. Pour cette raison, deux mâts se dressaient sur le pont : celui du centre portait la grand-voile et un autre, situé à la proue, portait une petite voile et permettait de piloter le navire même avec des vents transversaux.


Le navire phénicien le plus ancien et le plus élémentaire était la pentécontore. Elle avait une longueur d'environ 25 mètres, un équipage de 50 rameurs (également répartis des deux côtés), auquel il faut ajouter le commandant, le second, le pilote ainsi que les hommes qui manœuvraient les voiles et dont le nombre ne dépassait pas dix. Mais le navire le plus célèbre reste la trirème, maîtresse incontestée de la Méditerranée entre le VII et le IV siècle av.J.C. Ce navire pouvait recevoir un équipage d'environ 180 hommes. Les navires qui suivirent, la quadrirème et la quinquérème, furent construits par les chantiers navals de Carthage. Les équipages de ces navires étaient respectivement de 240 et de 300 hommes, affectés à 30 rames de chaque côté, plus les marins charger de manœuvrer les voiles. La vitesse maximale que l'on pouvait atteindre, grâce à l'usage simultané de deux modes de propulsion - voile et rame - et seulement sur des petits parcours, était de 5 à 6 nœuds.
Par M ABIDI - Publié dans : histoire
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Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /2009 13:27

Suite

 

 

 



Ces onze cents années sont loin de présenter dans leur ensemble l’intérêt toujours palpitant qu’offrent les siècles dont nous avons déjà évoqué le souvenir.

 

A part quelques évènements brillants, tout ce millénaire ne renferme que quelques drames ou le sang ne coule d’ordinaire que pour la satisfaction d’intérêt privés et presque jamais pour une belle cause ou d‘avancement d’un progrès. Ce qui fait que ce souvenir de onze siècles tient aisément dans peu de pages.


 
1- Période arabe 

Pendant le premier siècle de l’occupation arabe, des émirs nommés par le Sultan, gouvernaient le pays. Ils eurent à lutter tout d’abord contre les Berbères qui s’étaient levés pour défendre leur indépendance, et qui, sous le commandement d’une femme, La Kahina (la prêtresse), combattirent pendant des années avec l’énergie du désespoir, pour sauver leur liberté. Les Berbères furent enfin écrasés, et la sinistre paix des déserts, dont Tacite* a dit « Ubi solitudinem faciunt, pacem appellant* »,  régna sur les champs dévastés de la Berbérie.

 

 *Où ils font un désert, ils disent qu'ils ont donné la paix.
Phrase mise par Tacite,( Publius Cornelius Tacitus) historien et  philosophe romain né en 55 et mort vers 120 ap. J.-C.), dans la bouche de Galgacus, héros calédonien, flétrissant les excès des Romains. Ces mots s'appliquent aux conquérants qui colorent leurs ravages d'un spécieux prétexte de civilisation.

   

En 800 succéda aux émirs  la dynastie Aglabide ; ce fut un commencement d’autonomie pour le pays, qui fut un vassal du khalife.


Enfin en 972, le khalif El Moez (Mo’izz) renonça à dompter les berbères, toujours en insurrection, et abandonna à la dynastie berbère des Zirides le gouvernement de la Tunisie. La domination de l’Afrique du nord échappait donc aux Arabes, et sans l’invasion des hillalienne, on ne rencontrerait pas actuellement plus d’Arabes en Tunisie, qu’on n’y trouve de Phéniciens, de Romains, de Vandales ou de Byzantins.

   

Depuis sa conquête par l’émir Hassan en 698, Bizerte avait été gouvernée militairement par les vainqueurs : une garnison Arabe fut installée dans la forteresse romaine située sur l’emplacement de la kasbah actuelle. Toute l’organisation locale fut supprimée. Les conquérants ne prélevaient pas d’impôts réguliers, mais exigeaient des contributions de guerre, en argent et en ravitaillements, quand le besoin s’en faisait sentir. Pendant cette période troublée de la conquête, il ne fut pas question d’administrer régulièrement le pays ; il n’y eut pas de fonctionnaires arabes, le commandant des troupes réunissait en ses mains tous les pouvoirs, au nom de l’émir ou du khalife.

 
2- Période Berbère

  A suivre…


A propos de la Kahina

 

 

Surnom de la « reine des Aurès » signifiant « la Prophétesse ». Al-Kahina régna sur plusieurs tribus de Berbères de l'Aurès, dont la sienne propre, celle des Djarawa, de 685 environ à 704 ou 705.

À la fin du VIIe siècle, l'Afrique du Nord voit s'affronter trois forces : les Byzantins d'abord, solidement implantés sur les côtes, avec Carthage surtout et Septem (Ceuta) comme points d'appui ; les Arabes, ensuite, qui arrivent de l'est et tentent de pénétrer en Ifriqiyya (actuelle Tunisie) et, de là, dans tout le Maghreb (Occident) ; les Berbères enfin, habitants des lieux, groupe homogène du point de vue ethnique mais profondément divisé selon qu'ils sont nomades ou sédentaires, agriculteurs ou citadins commerçants, chrétiens ou juifs. Carthage tombe (695) devant Hasan ibn al-Nu'man al-Ghassani, nouveau gouverneur de l'Ifriqiyya. L'empereur Léontios réussit à reprendre la ville, mais seulement pour trois ans. De son côté la Kahina parvient à refaire l'unité berbère autour de sa personne et de sa tribu. Elle écrase l'armée d'Ibn al-Nu'mân, sur les bords de la Miskiyâna (près de Tébessa) dans le Constantinois et la repousse en Tripolitaine. En 798, Ibn al-Nu'man reporte ses efforts sur Carthage qu'il enlève, mettant les Byzantins en déroute : la maîtrise des mers dans le bassin occidental de la Méditerranée passe aux Arabes. Ibn al-Nu'man fonde Tunis.

Un seul obstacle se dresse encore devant l'avance des Arabes vers l'ouest : la Kahina et le royaume qu'elle a constitué au Maghreb. Âme d'une résistance intransigeante, elle aurait pratiqué la politique désespérée de la terre brûlée, saccageant le pays, détruisant les villes et brûlant les plantations pour en détourner les Arabes et les décourager. Cette politique lui aliène la population sédentaire, tant citadine (grecque et berbère) que campagnarde. Ibn al-Nu'man tire parti de cette situation, réclame et reçoit des renforts armés que le calife ‘Abd al-Malik vient de lui envoyer (702) et reprend l'offensive. La tradition veut qu'à la veille de la bataille qu'elle savait décisive, la Kahina, plaçant l'intérêt de la famille avant celui de la tribu, ait intimé l'ordre à ses deux fils de rejoindre les rangs des Arabes. Y ont-ils, en sus, reçu un commandement et poursuivi la guerre contre les Berbères ? Certaines sources le prétendent. La bataille eut lieu à Tabarqa. La Kahina y fut vaincue et décapitée au lieu dit depuis Bir al-Kahina (le puits de la Kahina). La voie vers l'Atlantique était ouverte aux Arabes. L'histoire de cette femme fougueuse et indomptable (la « Déborah berbère ») est en grande partie légendaire : les romanciers s'en sont emparés.

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